Stage de kobudō avec Sensei Oshiro à l'Okinawa Karate Kaikan

Sommaire

Du mardi 4 au samedi 8 août, nous avons participé au stage de kobudō dirigé par Sensei Oshiro, au Karaté Kaikan de Tomigusuku, aux portes de Naha.

Changement d’ambiance radical par rapport au dojo Shubukan de la veille. Le Karaté Kaikan est une infrastructure moderne et imposante, inaugurée en 2017 pour faire rayonner le karaté okinawaïen dans le monde. Le complexe abrite plusieurs dojos, dont un grand hall de 1 278 m² qui a déjà accueilli l’Okinawa Karate World Tournament (2 200 participants de 27 pays en 2022) ainsi que les Championnats du monde de kobudō ryūkyū. Un cadre d’une toute autre nature que les petits dojos de quartier, mais qui porte la même ambition : que le karaté d’Okinawa continue de se transmettre et de rayonner.

Les séances avec Sensei Oshiro, mardi et jeudi, ont été denses et exigeantes. Travail de kata de kobudō, avec une attention constante portée à la précision des formes et à la compréhension des principes, bien au-delà de la simple reproduction gestuelle.

Photo de fin de stage avec sensei Oshiro et sensei Uema

Entre les entraînements, nous avons visité le musée du karaté intégré au Karaté Kaikan. Une visite incontournable pour tout pratiquant : l’exposition retrace l’histoire des grandes écoles de karaté et de kobudō d’Okinawa, leurs fondateurs, leurs lignées, leurs convergences et leurs divergences. Une plongée dans les racines mêmes de notre pratique.

Visite du musée du karaté

L’une des choses qui nous a marqués : l’arbre du karaté. Le principe est simple : chaque visiteur qui passe par le Karaté Kaikan peut accrocher un petit message à cet arbre symbolique, dont la devise est “spreading out from Okinawa to the world” (le karaté se répandant depuis Okinawa vers le monde entier). Nous avons laissé notre trace, au nom de Villefranque Arts Martiaux.

L’arbre du karaté

La semaine nous a également offert une échappée au jardin Fukushū-en, à Naha. Créé en 1992 à l’occasion du dixième anniversaire du jumelage entre Naha et la ville chinoise de Fuzhou, ce jardin de 8 500 m² d’inspiration chinoise rappelle les liens historiques profonds entre Okinawa et la Chine, incarnés notamment par les 36 familles de Kume, dont les descendants sont encore présents sur l’île. Un cadre d’une sérénité rare, qui s’est transformé le temps d’une session en décor de prédilection pour quelques photos de karaté.

Frédéric et Nathalie au jardin Fukushū-en

Typhon Dolphin : deux jours de huis clos

Le vendredi 7 août, tout a basculé. Le typhon n°13, baptisé « Dolphin », approchait d’Okinawa. Le Karaté Kaikan a fermé ses portes, comme la quasi-totalité des commerces et établissements de l’île. Toute l’équipe s’est retrouvée confinée à l’hôtel, stocks de provisions compris.

Ce qui ne nous a pas arrêtés pour autant. Le vendredi, nous avons investi une salle de conférence de l’hôtel pour maintenir l’entraînement, improvisé, mais déterminé. Le samedi, la session a pris une dimension particulière : Sensei Oshiro nous a rejoints à l’hôtel. C’est dans cette même salle que s’est tenue notre dernière séance de stage, chargée d’une intensité propre aux circonstances inhabituelles, et que personne n’oubliera de sitôt.

Entraînement à l’hôtel pendant le typhon

Cette semaine nous aura offert bien plus qu’un stage de kobudō. Entre la modernité du Karaté Kaikan, la richesse du musée, le typhon qui s’est invité dans le programme et la générosité de Sensei Oshiro, présent jusqu’au bout, quelles que soient les circonstances, ce sont des souvenirs qui dureront bien au-delà des kata appris.